Il revient
Le parking a changé.
Il est désert
Mais hier
La voiture d’un ami
était là
garée à 18h.

A 18h
Il a reconnu son visage
à travers la vitre
du véhicule
quand Il cherchait
l’emplacement du trésor
dont la livraison
lui était annoncée.

A 18h
il a retrouvé un frère
un repère
au milieu de cette frénésie de vie.
De cette accélération des événements
Quand
dans un autre temps
la Communication NonViolente
lui conseillait
quand tu veux t’empresser
au contraire : ralentis.

Ralentis.
Alors il a ralenti avec lui.
Marchant paisiblement
sur les quais.
En ce 14 juillet
C’était cet ami
qui était chef de sa propre armée.
Le matin
il avait rencontré
En forêt
pragmatique
le chef de son armée de Terre.
Un ami
expert en relations humaines
en stratégie
en survie.


face au fleuve
qui s’en allait déjà
vers la mer :
il s’entretenait
avec un albatros
un poète
un esthète
chef de son armée de l’air

quand tu veux t’empresser
au contraire : ralentis.

Ralentis.

Ralentis.

Ils ont discuté au ralenti.
Observé la nature
au ralenti.
Marché au ralenti
pour se retrouver
sur des chaises
dans le salon de sa mère
à 20 heures.
Pour la saluer.
Pour échanger.
Pour diner.

Au ralenti
s’est continuée
la soirée chez sa mère.
Mais au ralenti
jaillirent soudainement des raccourcis
direction l’unité
la fraternité
l’humilité
le sacré.
Raccourcis poétiquement dévoilés
par des slams
ou des récits de l’islam
d’un ami soufi
qui ne parle
que pour distiller
dans votre corps
des parfums d’infini.
Il ouvre un chemin
Vers votre cœur
comme un habitué
écarte de la main des branchages
pour dévoiler le secret d’un chemin.

Ils ont marché
sur ce chemin
tous les trois
les deux amis
et sa mère
jusque tard dans la nuit
même après.